Changsha nous voilà !!!
Ce matin, lundi, Mog a de nouveau la pèche et ça fait plaisir de le voir gesticuler partout, Kyna, la petite punk hong kongaise tuberculeuse va nous quitter, on la retrouvera peut être dans une semaine…
Pascal fait des mots croisés et on fait du train…encore….et ce n’est pas la dernière fois….la Chine dans 10 ans telle qu’elle se présage sera plus facile à vivre pour les « intégrés » que New York ou Sydney, fini l’exotisme, place à la prophétie des cons, 6 – 9 en force, mother fuck.
Du train pour aller où ? Au toys market où Noël se prépare en grande pompes. Et oui, Noël et son égérie qui tise une bière en ampoule de 10 mètre de haut. Les chinois absorbent et intègrent les icones comme autant d’effigies à la gloire de l’argent – « rond comme un ballon et plus jaune qu’un citron, c’est lui Noël ». Mais le journal d’un éthologue en vadrouille on s’en passera, on s’en fout du pourquoi surtout quand on découvre 3 étages qui dégueulent de dés clignotants, de cochons briquets et d’insupportables toupies musicales.
Lionel et Nicolas, les joyeux copains se retrouvent submerger de bonheur devant l’arsenal de fusils mitrailleurs en plastique à l’échelle indéterminée….Une heure et demi nous a été nécessaire pour faire le tour de cet Eden de l’attrape poussière rigolo pendant que Pascal et Kyna se faisaient une barrière de nos appedimentas contre les quolibets d’un milliard de chinois – parce que Kyna, pourtant hong kongaise, est, à l’instar de Feï, une punkette, en somme de la lie de l’espèce. Dans leurs yeux il y a quelque chose de différent, comme un début de transgression de la fonction, elles sont adorables et prêtes à essayer de dire « va te faire enculer » dans le texte.
Tout à coup, Skipy se met à l’arrêt, le museau pointé et l’oreille alerte – Mog quelques mètres derrière regarde avec bienveillance la trouvaille : pour nos hôtes généreux de Shenzhen quoi de mieux qu’un cendrier crapaud en plastique avec un chapeau de paille !!! Et puis l’avantage des gens polis, c’est qu’on leur offre toujours le bon cadeau…C’est donc fort d’un ventillateur usb, d’une légion d’honneur en forme de crevette, d’un porte crayon sodomite et de 4 animaux divers qui collent au frigo que nous retrouvons nos 2 acolytes, à vif, prêt à tout sauf à nous attendre de nouveau devant un autre magasin avec les valises.
Coup de fil, blablabla, décision express, nous rejoignons le reste de la troupe augmenté du Chef Bâton (Baptiste) au Maya Massage….
Petit encart rétrospectif : ce matin à 7h, notre estimé chanteur, estimé et bougon, s’est entiché de la charmante Feï pour récupérer Baptiste le trompet à la gare de Shenzhen (parce qu’au début de la journée, on était à Canton, tous !!). Nous voilà donc au complet, après les « baignades chocs thermiques » réglementaires, assis dans des fauteuils de barons, une masseuse aux pieds et une autre à la tête.
Si certain n’ont pas cette chance, je ne peux m’empêcher de la ramener comme un gros connard pour immortaliser la douceur envoutante de ma masseuse ! Des doigts de fées alliés à la patience de faire plaisir ont fait un de ces moments où seul la classe profonde, ancrées dans les méandres du cortex cérébrospinal empêche d’avoir un filet de bave de 4 mètres le long de la bouche. Sans compter que la masseuse des pieds, elle aussi très jolie, me touchait tendrement la bite par l’intermédiaire détourné de points d’accuponctures, bien…On se chamaille, histoire de se remettre un peu la pêche et vlan dans la salle à 80°c de vapeurs puantes.
Il parait que c’est une idée force : je me suis rasé la moustache, ça c’est dit.
On a donc retrouvé (et oui que de retrouvailles !!) Micka et Siham dans un resto indien excellent…
Adieu le confort, bonjour les puants et les bonimenteurs qui gueulent les mérites d’une brosse à dents à tête pivotante du docteur white à minuit et demi, dans ce suppositoire qui va à Changsha.
On a laissé Kyna sur le quai et voilà, sa petite frimousse aux mèches vertes va nous manquer. On y gagne le Chef qui roupille déjà, « chaque wagon a une odeur particulière et chaque wagon pue !!! » dixit Pierre, c’est ça, ça pue….
Un train chinois c’est un amas de corps enchevêtrés plus ou moins odorant et plus ou moins bruyant qui file à travers les usines délabrées à une vitesse de croisière proche des 70 km/h. Au milieu des autochtones qui ronflent comme des porcs ou aspirent des noodles et des nodules avec élégance. Chacun a sa technique pour passer le temps : une bonne nuit de sommeil allongés en sifflet pour le chef fidèle à ses habitudes, machoner de la viande séchée pour l’ex-moustachu et son acolyte, découvrir le dessous de la royauté française ou les chances d’améliorer une paire de dame au flop quand 3 adversaires sont encore présents dans le pot pour les adeptes de la 6 cordes. Voilà, il est un peu moins de 2h du matin et les piles de la game boy commencent à faiblir…
Après quelques micro siestes de 7 minutes chacun, on décide de faire une grande partie de bataille fermée dans la joie et la bonne humeur enfin surtout celle de Mog. Dois je rappeler que ce jeu n’a qu’un intérêt limité dans l’amplitude stratégique. C’est ainsi que le plus roublard d’entre nous l’emporte, j’ai nommé Mog, dont l’exaltation demeurera bien loin de notre apathie.
Entre 2 démonstrations de brosse à dents et un autre truc qui se recharge manuellement (une lampe de poche je crois), la dream team décide de se lancer dans le jeu du 7 avec Feï, Mog, Pierre et moi-même. S’en suit une bataille d’experts sur la latitude stratégique, le facteur distribution et l’inexorable guigne de certains que nous ne nommerons pas.
Feï nous quitte au levé du soleil, je quitte l’habit du guignard et me faufile dans celui de croupier débutant, coatché avec mansuétude par René le banquier et Mog le all-in. Pocker inoubliable.
Allez quelques bons mots lors de cette nuit blanche :
- "eau mise en bouteille à la source, ça ne veut pas dire que l'eau vient de la source....à côté de la source y a déjà une usine de bouteille alors la source elle est un peu crapok" dixit le chef après lecture d'une bouteille d'eau
- "ce train c'est le monde à l'échelle train" Skipy, novembre 2007
à suivre.....